Ne manquons pas de remarquer la foi de Jacques et de Jean. Ils savaient que leur maître était le Messie, l'héritier du royaume et qu'ils y auraient part avec lui. Mais leur demande trahit l'ignorance et la vanité de leur cœur naturel. Plein de grâce, le Seigneur réunit ses disciples autour de lui et fait servir à leur instruction (ainsi qu'à la nôtre) cette intervention malheureuse des deux frères. Ne comprennent-ils pas qu'ils ont devant eux le Modèle par excellence de l'humilité, celui qui, ayant tous les droits à être servi, a voulu se faire lui-même esclave pour délivrer sa créature et payer de sa propre vie la rançon exigée par le souverain Juge ? Ce v.45 a pu être appelé le verset clé de l'évangile, et il le résume tout entier.
L'Esprit nous montre dans ce chapitre trois attitudes bien différentes : l'homme que le Seigneur invite à le suivre et qui s'en va (v.21, 22) ; les disciples appelés eux aussi, qui l'ont suivi, en tremblant (v.32) et font valoir leur renoncement (v.28) ; enfin ce pauvre aveugle, auquel Jésus n'a rien demandé en le guérissant, mais qui, sans un mot, et jetant loin le vêtement qui pouvait entraver sa marche, le suivit « dans le chemin » (v.52). Observons l'inconstance de la foule qui d'abord reprend l'aveugle, mais l'instant d'après lui dira : « Aie bon courage… » !